Sida : les lieux de dépistage et comment mieux se protéger

En 2024, le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité au VIH en France a été estimé à environ 5 100 personnes, un chiffre stable après l’augmentation observée depuis 2020.  Cependant, le taux a augmenté de 41% chez les 15-24 ans. Sur la même période, il a reculé de 15% chez les adultes âgés de 25 à 49 ans.
En 2024, environ 8,5 millions de sérologies VIH ont été réalisées en France, contre 6,5 millions en 2022, témoignant d’une augmentation du dépistage.
Dans le monde, en 2024, environ 630 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida, selon les estimations les plus récentes. Un chiffre qui reste élevé malgré une forte diminution depuis les années 2000.
Près de 40 ans après la découverte du virus du Sida, ces chiffres restent encore trop élevés et nous rappellent à quel point il faut encore et toujours se protéger !

Fin 2024, on estime en France qu’environ 9 700 personnes séropositives ne connaissent toujours pas leur statut, ce qui représente un frein important à la prévention et au traitement précoces.
En 2024, 43 % des infections à VIH ont été découvertes à un stade tardif de l’infection, dont environ 27 % à un stade avancé, ce qui complique la prise en charge et accroît les risques de transmission non contrôlée.

Pour vivre une sexualité sereine, consentie et épanouie, quelques précautions s’imposent. Que ce soit avec une aventure d’un soir ou avec votre partenaire régulier, on ne le répétera jamais assez : protégez-vous et faites-vous dépister régulièrement !

Mais le VIH et le SIDA c’est quoi exactement ?

Le SIDA est une maladie due au VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Lorsqu’une personne est infectée, le VIH attaque progressivement certaines cellules qui coordonnent l’immunité (à savoir les défenses de l’organisme contre les microbes). Il détruit graduellement la fonction de défense du système immunitaire.

Être séropositif au VIH signifie donc qu’on est porteur du virus. Cela ne veut pas dire qu’on est forcément arrivé au stade SIDA, ni même qu’on y sera un jour.

Une personne qui n’est pas traité, ou qui n’a pas connaissance d’être infectée peut transmettre le virus même sans avoir de symptômes de maladie.

Au fil du temps et en l’absence de traitement efficace, les cellules coordonnant l’immunité peuvent devenir de moins en moins nombreuses et l’immunité risque d’être moins efficace. Des maladies de plus en plus graves risquent alors se développer. Certaines maladies sont appelées ” maladies opportunistes” parce qu’elles profitent de la diminution de l’immunité pour se développer (la pneumocystose, la tuberculose, le zona, certains cancers…). Ce sont des maladies qui normalement auraient pu être soignées ou qui ne se seraient même pas développées. Lorsqu’une personne a une ou plusieurs maladies de ce type, on dit qu’elle a le SIDA (Syndrome d’immunodéficience acquise).

On ne sait pas guérir le sida mais on le soigne.

Seul un test de dépistage permet de savoir si on est ou non séropositif au VIH. Le test de dépistage recherche les anticorps contre le VIH que l’organisme produit pour essayer de se protéger du virus. Si les tests sont positifs, cela signifie qu’on est séropositif au VIH. Si le test est négatif plus de 6 semaines (ou 3 mois) après le risque, cela signifie qu’on est séronégatif au VIH (non porteur du virus).

Comment se transmet-il ?

  • A travers les différentes muqueuses : par le sperme, le liquide séminal (la goutte avant l’éjaculation), les sécrétions vaginales, le sang (pendant les règles),
  • lors de rapport sexuel sans préservatif (pénétration vaginale, anale ou buccale),
  • lors d’échange d’objets non protégés par un préservatif (vibromasseur, godemiché, etc.),
  • lors d’échange de seringues dans le cadre d’injection de drogue,
  • lors de piercing, tatouage réalisés dans un cadre ne respectant pas les règles d’hygiène et d’asepsie,
  • de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, mais surtout lors de l’accouchement et pendant l’allaitement.

Il peut y avoir sur-contamination si les relations ne sont pas protégées entre deux partenaires contaminés, en raison de l’existence de plusieurs souches différentes du virus.

Prévenir et se protéger

Il existe plusieurs solutions pour se protéger et protéger les autres.

Les préservatifs

Le préservatif est le moyen de prévention le plus répandu et reste la méthode de base pour se protéger et protéger les autres du VIH et des autres IST. Que ceux-ci soient internes ou externes, ils protègent des IST comme des risques de grossesses. Pensez toujours à vérifier la date de péremption pour éviter tout risque.

Préservatifs gratuits : depuis janvier 2022, tous les jeunes de moins de 26 ans peuvent se procurer gratuitement des préservatifs interne et externe en pharmacie, sans ordonnance. Cette mesure est toujours en vigueur.

LE TPE (traitement post exposition)

C’est un traitement d’urgence préventif qui peut réduire fortement les risques de transmission du VIH/Sida après une exposition au risque de transmission du virus. Il est disponible dans les services d’urgences des hôpitaux et dans les CeGIDD. Ce traitement est également proposé aux personnes victimes d’une agression sexuelle ou d’un viol et est totalement pris en charge par la sécurité sociale.
Il faut cependant bien suivre le traitement pendant 28 jours et commencer celui-ci dans les 4 à 48 heures suivant l’exposition.

Le TasP : traitement d’une personne séropositive comme prévention

Ce traitement permet de diminuer la charge virale d’une personne séropositive au point qu’elle soit indétectable et qu’elle ne contamine pas son partenaire. De même, une mère séropositive traitée ne transmettra pas le virus à son bébé. Mais pour que cette méthode soit efficace, le traitement doit être pris correctement.

La PrEP VIH, c’est quoi ?

Prophylaxie = éviter une infection.
Pré-exposition = le traitement doit se prendre avant (et après) un éventuel contact avec le VIH.

Le traitement repose sur la prise d’un médicament par une personne non infectée par le VIH mais exposée à un risque élevé d’infection. Elle s’intègre dans une stratégie de prévention de la transmission du VIH par voie sexuelle pour diminuer le risque de contracter le VIH au cours d’une période d’exposition. Depuis le 1er juin 2021, tout médecin (généraliste ou spécialiste) peut initier et renouveler une PrEP. Cette mesure est toujours d’actualité.


Le test de dépistage

Il reste à ce jour, avec le préservatif, le meilleur moyen de se protéger ainsi que protéger ses partenaires à une infection au VIH.
Il existe différents tests pour différentes IST. Vous pouvez vous faire dépister en laboratoire, avec ou sans ordonnance selon les infections, ou dans un centre de dépistage gratuit près de chez vous.

Pour les jeunes de moins de 26 ans, le dépistage du VIH et de certaines IST est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Il est possible de se faire dépister en laboratoire sans ordonnance pour certaines IST (via le dispositif « Mon test IST »)

Pour les 26 ans et plus : le dépistage VIH reste gratuit et accessible sans ordonnance en laboratoire; les autres IST sont remboursées au tarif habituel, selon la complémentaire santé.

Le traitement améliore la santé des personnes vivant avec le VIH et peut prévenir la transmission du VIH par relation sexuelle. « Indétectable = Intransmissible » (I = I).

Changer les attitudes à l’égard du VIH

Lorsqu’une personne reçoit un diagnostic d’infection par le VIH, les autres peuvent avoir des attitudes et des opinions négatives, à l’égard du comportement, du mode de vie ou de la situation de cette personne. Ces associations négatives forment ce qu’on appelle la stigmatisation, une expérience qui peut réduire la qualité de la vie parce qu’elle comprend :

  • l’isolement
  • le jugement
  • les préjugés
  • les stéréotypes
  • la discrimination
  • l’étiquetage social

Les efforts pour mettre fin à la stigmatisation contribueront à : prévenir de nouvelles infections, joindre les personnes ayant échappé au diagnostic, s’assurer que les personnes vivant avec le VIH reçoivent les soins, le traitement et le soutien dont elles ont besoin.

Ce que vous pouvez faire pour réduire la stigmatisation

Vous pouvez contribuer à réduire la stigmatisation en remettant en question vos propres connaissances et croyances et en vous informant sur le sujet. Par exemple, le VIH n’est pas transmis par :

  • une peau en santé, sans lésions
  • un simple contact, comme :
    • les baisers
    • les étreintes
    • les sièges de toilette
    • les poignées de main
    • le partage de nourriture
    • les piqûres de moustiques

Vous pouvez contribuer à réduire la stigmatisation en faisant preuve de respect et de compassion et en ne portant pas de jugement. Conduisez-vous ainsi et donnez l’exemple aux personnes dont l’attitude favorise la stigmatisation.

Au cours d’une conversation sur le VIH, certains termes peuvent encourager la stigmatisation. Faites attention aux mots que vous choisissez lorsque vous discutez de ce sujet.

Si vous êtes victime de discrimination en raison de votre état de santé, notamment liées aux VIH, sachez qu’il existe des structures d’écoute et des recours juridiques pour vous informer et vous aider à faire respecter vos droits. Plus d’infos : S’informer, se défendre contre les discriminations.

Lieux d’information, de conseils et de dépistage

Pour obtenir des informations, des conseils, un soutien et surtout se faire dépister, il existe différentes structures à votre disposition en région Centre-Val de Loire :

  • les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) : ils accueillent et informent toute personne sur les IST. Il est également possible d’y effectuer un dépistage anonyme et gratuit du VIH, des hépatites et des IST,
  • les structures d’information et de soutien sida et IST : parmi elles, les EVARS. Ces structures associatives offrent à tout public un accueil, une écoute et des informations. Certaines d’entre elles organisent ponctuellement des dépistages, en partenariat avec des établissements médicaux. Elles proposent un accompagnement social, psychologique et parfois médical aux personnes atteintes d’une IST,
  • les Espaces Santé Vie Affective et Sexuelle (ESVAS – anciennement CPEF) : ouvert à tous, il y est notamment possible d’y effectuer un dépistage du VIH, des IST et des cancers. C’est également un lieu ressource en matière de contraception, sexualité et de parentalité.
  • les services de santé universitaires : si vous êtes étudiant, il est possible de bénéficier gratuitement d’un test de dépistage du VIH et des IST au sein des services de santé universitaires à Blois, Bourges, Orléans et Tours,
  • votre médecin traitant, un gynécologue, un sage-femme, un infirmier de votre établissement de formation.

Enfin, n’hésitez pas à contacter le service téléphonique d’information et d’aide à distance “Sida Info Service” au 0 800 840 800 (anonymat, confidentialité et neutralité garantis).

Vous trouverez également de nombreuses informations sur les sites Internet sida-info-service.org et onsexprime.fr

Pour vous procurer gratuitement des préservatifs, vous pouvez vous rendre dans toutes les structures citées ci-dessus mais également dans une structure Info Jeunes proche de chez vous (ex-CRIJ, BIJ et PIJ) !

Témoignage : 

https://vm.tiktok.com/ZNRUrgV6J/